Les derniers chiffres publiés par la Fédération des Promoteurs Immobiliers témoignent d’une dynamique retrouvée dans les logements neufs. Essentiellement portée par les logements collectifs, cette amélioration générale demeure toutefois inégale sur le territoire.

Amorcé à la fin de l’année dernière, le rebond du marché des logements neufs s’est confirmé au premier trimestre, tant pour les permis de construire que pour les mises en chantier.

Chiffres encourageants

Sur les trois premiers mois de l’année, le nombre des autorisations de construire délivrées en France a augmenté de 7,5 % par rapport au 1er trimestre 2015, pour atteindre 93 500 (6 500 PC de plus). Leur volume demeure toutefois en retrait par rapport à celui du dernier trimestre 2015, où 103 600 permis de construire avaient été délivrés. Ainsi, bien que les autorisations continuent de progresser, l’accélération continue observée depuis août 2015 marque le pas. Malgré tout, sur les 12 derniers mois (d’avril 2015 à mars 2016), la reprise est nette depuis l’été dernier : le nombre de permis de construire délivrés (393 700) a progressé de 7,7 % par rapport aux 12 mois précédents.

Le redémarrage des mises en chantier est moins net. Avec 84 000 logements commencés au cours du 1er trimestre 2016, elles progressent de 3,0 % par rapport à la même période de 2015. Cet indicateur, positif seulement depuis le début d’année, fait preuve d’une grande inertie alors même que l’accélération des rythmes de commercialisation des logements collectifs observés en 2015 permet normalement de démarrer plus rapidement la construction d’un projet.

Pour Alexandra François‐Cuxac, Présidente de la FPI , « après quatre années difficiles, les chiffres issus de notre Observatoire illustrent le retour d’un marché dynamique. L’annonce par le Président de la République du prolongement pour un an du dispositif Pinel (voir encadré), tout comme le succès du PTZ, vont dans la bonne direction. Cependant, la faible croissance des mises en chantier témoigne de la difficulté à engager de nouvelles opérations. Il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour accélérer le traitement des recours abusifs par la justice. »

Disparités persistantes

Le redémarrage est par ailleurs inégal. Il varie selon les régions et les types de logement. Ainsi, sur le 1er trimestre 2016, 9 régions enregistrent une hausse des autorisations par rapport à la même période de l’année dernière. Quatre régions se révèlent particulièrement dynamiques : la Corse, où les autorisations de construire ont plus que doublé (+109,7 %), la Bretagne (+22,8 %), l’Ile‐de‐France (+20,0 %) et la région Provence‐Alpes‐Côte d’Azur (+15,1 %). A l’inverse, quatre régions enregistrent une baisse des autorisations par rapport aux 3 premiers mois de 2015 (Bourgogne‐Franche‐Comté, Centre‐Val‐de‐Loire, Hauts‐de‐France et

Grand‐Est).

Les logements collectifs représentent plus de la moitié (51 %) des autorisations délivrées. Ils portent toujours l’activité, avec une progression des autorisations de 12,2 % au 1er trimestre. Les logements en résidences (8 % des autorisations) dynamisent aussi le marché avec une augmentation des autorisations de 33,0 %. Enfin, les autorisations des logements individuels purs demeurent stables (0,7 %) tandis que l’individuel groupé subit une nouvelle baisse de 6,1 %.

La tendance est similaire pour les mises en chantiers. La hausse atteint 7,3 % au premier trimestre pour les logements collectifs, alors que tous les autres types de logement stagnent ou régressent : ‐ 0,2 % pour les logements individuels purs,  ‐ 0,8 % pour l’individuel groupé et ‐ 4,9 % pour les résidences.

Dispositif prolongé

Le dispositif « Pinel » a été prolongé. Initialement prévu pour s’interrompre à la fin de l’année, il sera maintenu jusqu’au 31 décembre 2017.

Ce dispositif de soutien à l’investissement locatif concerne les logements neufs ou en construction, ainsi que les logements anciens qui ont subi des travaux importants de réhabilitation ou de rénovation. Pour bénéficier de ses avantages, le propriétaire s’engage à louer son bien pendant 6, 9 ou 12 ans. Le loyer doit être inférieur à un plafond fixé par décret, compris entre 8,75 et 16,83 € par m², selon les zones géographiques et la surface mise en location. Les ressources du locataire sont également limitées à un niveau « intermédiaire » fixé par décret, et qui varie selon la situation familiale du locataire. Les logements loués doivent également respecter un niveau de performance énergétique fixé par décret, similaire au label BBC ou au label « Haute Performance Energétique ».

En contrepartie, le respect de ces critères ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu : 12% du prix d’achat du bien, plafonné à 300 000 €, pour un engagement de location sur 6 ans, 18% sur 9 ans, et 21% sur 12 ans. Enfin, le dispositif permet aussi de louer le logement à un membre de la famille du propriétaire, ascendant ou descendant.

La mise en place du dispositif a largement contribué à relancer les ventes de logements neufs. Celles-ci ont augmenté de 43,8 % entre 2014 et 2015 grâce au retour des investisseurs : plus d’une vente sur deux était éligible au « Pinel ». L’annonce de sa prolongation a été saluée par les professionnels. Ainsi, pour la présidente de la FPI, « « le Gouvernement répond par cette annonce aux attentes et aux demandes des promoteurs rassemblés dans la FPI et donne des perspectives pour les plans de charge de nos entreprises. Cette mesure va permettre de lancer de nouvelles opérations de logements et de répondre ainsi aux besoins de nos concitoyens. Elle soutient ainsi  la reprise qui s’engage dans le secteur de la construction. »

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