SI LES ANALYSTES TABLENT SUR UNE REMONTÉE DES TAUX DE CRÉDIT POUR LES MOIS À VENIR, LA BAISSE S’EST POURSUIVIE AU DEUXIÈME TRIMESTRE. LA TENDANCE SEMBLE NÉANMOINS S’ÊTRE INVERSÉE CET ÉTÉ..

Après avoir affiché 2,19% au premier trimestre, les taux des crédits immobiliers étaient tombés à 2,02%, en moyenne à la fin du mois de juin. Mais la plupart des établissements de crédit a révisé ces taux pendant l’été. Cette révision est toutefois restée modérée.

Toujours très favorables

Pendant que l’OAT à 10 ans remontait de plus de 85 points de base entre mi-avril et mi-juillet, la hausse des taux n’a pas dépassé 16 points de base depuis juin sur le marché de l’ancien, 12 points de base sur le marché du neuf. Ainsi, selon les derniers chiffres de l’Observatoire Crédit logement-CSA, les taux moyens restaient très attractifs fin juillet, s’établissant à 2,17 % en moyenne, 2,20 % pour l’accession dans l’ancien et 2,21 % pour l’accession dans le neuf. Simultanément, les durées de prêts se sont allongées. En août 2015, elle s’est établie à 216 mois en moyenne (243 mois pour l’accession dans le neuf et 228 mois pour l’accession dans l’ancien). Sur un marché en expansion, cet allongement des durées compense largement la hausse observée depuis juin dernier. L’amélioration de la solvabilité de la demande s’est donc poursuivie : depuis la fin de l’année 2013, elle équivaut toujours à un recul des prix de 10 %, tant sur le marché du neuf que sur celui de l’ancien, permettant à de nombreux ménages de rentrer sur le marché de l’accession !

Rebond de la production

Favorisée par les conditions toujours très favorables et le regain de dynamisme du marché immobilier, la reprise de la production de crédits s’est accélérée, même si août n’est jamais un mois particulièrement actif ! Ainsi, hors rachats de crédits, le nombre des prêts accordés entre septembre 2014 et août 2015 a augmenté de 26,4 % par rapport à la même période de l’année précédente. Sur le seul trimestre de juin à août, l’évolution est encore plus nette : + 56,7 %. L’augmentation du coût des opérations réalisées par les ménages s’est également accélérée cet été. Le coût relatif représente désormais 3,85 années de revenus contre 3,73 années l’année dernière à la même époque. Cette évolution s’explique notamment par la baisse des revenus des ménages qui réalisent ces opérations (-0.6 % sur les 8 premiers mois de 2015, en glissement annuel, après + 0.6 % en 2014), ainsi que par la poursuite de la dégradation de l’apport personnel (-9.1% sur les 8 premiers mois de 2015, en glissement annuel, après -4.6% en 2014). Elle atteste surtout du retour des ménages modestes sur le marché.