Dans ce numéro, nous vous proposons de flâner au fil de la Loire, comme chaque trimestre, « Propriétaires » vous propose de partir à la découverte d’une région ou d’un département, à travers son marché immobilier, bien sûr, mais aussi, et peut-être surtout, en nous attardant sans la moindre prétention d’exhaustivité sur ce qui fait son charme : spécialités gastronomiques, centres d’intérêt, sites remarquables…  avec deux guides occasionnels : Sébastien Blanvillain et Frédéric Chesneau, sociétaires du réseau à Orléans (45) et Angers (49).

IMMOBILIER : AU BEAU FIXE DE LA LOIRE

Dans la région de la Loire, Sébastien Blanvillain dirige une quinzaine d’agences réparties sur l’ensemble du Maine-et-Loire. Il intervient donc sur un marché rural autant qu’urbain. « Quel que soit le secteur, 2016 a été une très bonne année, avec une augmentation de 35 % de notre chiffre d’affaires pour les transactions. J’imagine que nous avons été un peu meilleurs que l’année précédente, mais le marché a forcément poussé aussi ! »  D’autant que cette croissance résulte presque exclusivement d’un rebond de l’activité. « Je pense même que les prix auraient eu plutôt tendance à baisser début 2016, en particulier à la campagne, avant de se stabiliser à la fin du premier semestre. Et, depuis la fin de l’année dernière, ils semblent repartir à la hausse dans un marché résolument vendeur ».

Baisse des taux d’intérêt, prix devenus plus accessibles, notamment pour les primo-accédants… les raisons de la reprise sont connues. « C’est un effet domino. Lorsque les primo-accédants reviennent sur le marché de l’ancien, les propriétaires peuvent plus facilement revendre leur bien pour en acquérir un autre. Du coup le climat a changé jusque dans les médias, tout le monde a pris conscience que c’était le moment d’acheter ou de vendre ».

La situation est plus complexe pour Frédéric Chesneau, qui gère une demi-douzaine d’agences dans Orléans et son agglomération. « Pour nous, 2016 est restée dans la lignée de l’année précédente, et nous n’avons pas enregistré la progression des ventes constatée à l’échelon national. Cela reste malgré tout une activité correcte, qui a tourné autour de 200 transactions sur l’année. En outre, les prix ont un peu augmenté, ce qui nous a permis de réaliser une hausse du chiffre d’affaires de l’ordre de 4 à 5 %. Je pense d’ailleurs que les taux d’intérêt nous permettrons de maintenir la tendance cette année, même si nous avons toujours beaucoup de mal à vendre les biens au-dessus de 300 000 €, pour lesquels l’offre est nettement supérieure à la demande ».

DE LA DOUCEUR AVANT TOUT

La région la loire ne manque pourtant pas d’atouts et d’agréments. « Même s’il n’y a pas beaucoup d’industries, l’Orléanais est porté par son important pôle logistique et cosmétique. Notre situation géographique naturelle, au centre du pays, au cœur d’un important carrefour autoroutier, nous est également favorable et contribue au dynamisme de l’économie. Pour le reste, Orléans est une ville à taille humaine, un peu bourgeoise, où il fait bon vivre ».

En matière de douceur de vivre, la réputation angevine n’est plus à faire : Joachim du Bellay la chantait déjà au XVIème siècle. Près de 500 ans plus tard, elle est toujours justifiée. « Angers est une ville à taille humaine, confirme Sébastien Blanvillain. Je ne dirai pas que tout le monde s’y connaît, mais presque. Les bonnes tables sont légion ; le cadre de vie est plaisant, avec les nombreux commerces et commodités d’une ville de 150 000 habitants et la proximité de la campagne. Et puis, vous êtes à deux heures de voiture de Paris comme des plages de la Baule ou des Sables d’Olonne ».

Les amateurs de sport trouveront également de quoi satisfaire leur passion à Angers. « Notre équipe de foot est en Ligue 1 ; celle de hockey sur glace fait partie des meilleures de France. Les basketteurs de Cholet ne sont pas très loin et nous organisons régulièrement les championnats de France d’athlétisme  ou de natation ».

Au chapitre sports, Orléans, pour sa part, est connue de tous les passionnés de judo pour son club, l’USO, inépuisable vivier de champion(ne)s de France, d’Europe, du monde ou olympiques.

LE(S) SITE(S) : UN FLEUVE ROYAL

Comment ne pas commencer par se souvenir que le Val de Loire fut le berceau des rois de France, et suivre le fleuve sur quelques dizaines de kilomètres, pour se transporter au pied des célèbres châteaux de Chambord, Cheverny, Blois, Azay-le-Rideau ou Chenonceau ? « Chaque année, explique Frédéric Chesneau, ils attirent plusieurs centaines de milliers de touristes, qui suivent des itinéraires conçus pour marier patrimoine et art de vivre ».

Ils sont en tout une vingtaine, dont celui d’Angers, forteresse médiévale édifiée au XIIIème siècle par le jeune Saint-Louis à la frontière de son royaume, et qui abrite la célèbre tenture de l’Apocalypse, pièce maîtresse de la tapisserie du Moyen-Age.

Mais Sébastien Blanvillain préfère le calme de la campagne. « J’habite une commune de 2000 habitants à une dizaine de kilomètres d’Angers. J’adore m’y promener sur les coteaux, au milieu des vignes ou des forêts. A pied ou à vélo, je peux vous dire que vous ne pensez plus à rien ! »

En matière de calme, Orléans n’est pas en reste, avec sa forêt de 50 000 hectares, dont 35 000 de forêt domaniale, plus vaste espace du genre en France métropolitaine, territoire de prédilection des cerfs et autres balbuzards pêcheurs.

L’EVENEMENT

Tous les ans, à la fin de l’été, Orléans oublie un peu sa sagesse naturelle pour fêter la Loire. Les bords du fleuve redeviennent alors le légendaire port fluvial d’antan et voient revenir les gabarres et autres embarcations du fleuve qui, naguère, charriaient les matières premières. Plusieurs centaines de milliers de visiteurs viennent partager le vin chaud ou les marrons avec les artisans du temps jadis, dans une ambiance joyeuse.

Pendant toute la deuxième quinzaine de juin, le Festival de l’Anjou attire chaque année à Angers les acteurs de théâtre les plus réputés : Michel Bouquet, Michel Aumont ou Alexandre Brasseur fouleront les planches cette année, dans un programme allant de Shakespeare à Feydeau, en passant par Hugo ou Labiche.

Hors jury, présidé cette année par Lambert Wilson, pas de célébrité au festival Premiers Plans : il donne leur chance à de jeunes cinéastes qui viennent y présenter leur premier film. La gloire, certains la connaissent ensuite, comme Arnaud Desplechin ou Thomas Vinterberg, passés par Angers à l’aube de leur carrière.

Enfin, les Accroche-cœur, transforment chaque année en septembre la ville en un gigantesque théâtre à ciel ouvert. « Pendant tout un weekend, les spectacles gratuits insufflent une joyeuse animation à plusieurs quartiers d’Angers ».

CUISINE ET DEPENDANCES

Qu’on se le dise, même si elle est aux pommes, la tarte Tatin n’est pas originaire de Normandie, mais de Lamotte-Beuvron, près d’Orléans. Selon la légende, c’est une maladresse de l’une des célèbres sœurs qui a donné naissance à la célèbre tarte : un jour de grande affluence, elle enfourna sa préparation en oubliant la pâte. S’apercevant de son erreur, elle recouvrit les pommes de pâte et les remit au four.

Toujours au rayon sucreries, le gâteau de Pithiviers, feuilleté ou fondant, est élaboré depuis trois siècles à base d’amandes. Plus ancien encore, le Cotignac, gelée de coings délicatement colorée figurait déjà sur la table de Louis IX.

Vinaigre et moutarde d’Orléans, safran du Gâtinais ou cendré d’Olivet, fromage de vache onctueux et parfumé figurent également en bonne place parmi les spécialités de la ville. Quant à la Fouace de Touraine, galette de pâte à pain cuite au fagot, elle se déguste chaude, fourrée de rillettes, de fromage de chèvre frais ou de haricots blancs. A Angers, on l’aime garnie de rillauds, des petits morceaux de poitrine de porc cuits au chaudron.

Tout juste sortis de la Loire, sandres, anguilles ou brochets se dégustent au beurre blanc ou farcis à l’oseille. A en croire ses amoureux, manger un crémet d’Angers serait comme goûter un nuage. Spécialité fromagère obtenue en fouettant de la crème fraîche et des blancs d’œufs en neige, il se décline à la fraise, à la mirabelle ou à la pomme. Difficile aussi de résister aux Quernons d’Ardoise, chocolats bleutés fourrés aux amandes et aux noisettes.
Et, pour mettre ces délices en valeur, ce ne sont pas les vins, rouges ou blancs, qui manquent : Sancerre, Chinon, Bourgueil, Bonnezeaux, Coteaux du Layon… « A l’aveugle, je vous mets au défi de reconnaître un bon Bordeaux d’un très bon rouge d’Anjou », conclut Sébastien Blanvillain.