De plus en plus de propriétaires ont envie d’offrir un coup de jeune à leur piscine, pour en améliorer le confort ou l’esthétique, ou diminuer sa consommation. C’est ce que leur propose le pool-staging, sans nécessairement entreprendre de lourds travaux. Il ne s’agit en effet pas de démolir la structure existante pour en reconstruire une autre, mais plutôt d’y apporter des améliorations significatives, qui transforment et modernisent véritablement la piscine. Explications de Joëlle Pulinx-Challet, déléguée générale de la Fédération des professionnels de la piscine (FPP)

Comment définiriez-vous le pool-staging ?

C’est un peu un nouveau concept de rénovation des piscines existantes. Quand une personne possède une piscine depuis dix ou quinze ans, elle pense à changer son liner ou sa pompe. Nous allons alors lui proposer d’en profiter pour améliorer le niveau de confort de son bassin.

De quelle façon ?

Nous allons lui suggérer d’installer des systèmes de nettoyage et de désinfection automatiques. Pour les piscines plus anciennes, nous pouvons aussi remplacer l’échelle par un escalier, pour rendre l’entrée dans l’eau plus confortable. Si la piscine n’est pas chauffée, pourquoi ne pas y ajouter aussi une pompe à chaleur ?

L’idée, c’est un peu de remettre sa piscine au goût du jour ?

Absolument, en intégrant les notions de confort et de plaisir. Votre pompe ne fonctionne plus ? Plutôt que de la remplacer purement et simplement, pourquoi ne pas aller vers le mieux, et choisir une pompe à vitesse variable, moins bruyante et plus efficace que celles des générations précédentes ? A l’agrément s’ajouteront des économies d’énergie, d’eau, de produits…

Au chapitre des économies, peut-on envisager d’aller jusqu’à diminuer le volume de la piscine ?

Bien sûr. Les piscines des années 80 dépassaient souvent les 2 mètres, voire 2,5 mètres de profondeur, ce qui ne sert pas à grand-chose. Diminuer son volume entraînera permettra donc d’installer une pompe moins puissante, d’avoir une eau plus chaude… Même si l’impact environnemental d’une piscine reste relativement faible, dès lors que l’on peut améliorer ses performances, pourquoi s’en priverait-on ?

Et pour ce qui est des produits de traitement ?

Il est bien sûr possible de passer au brome ou à l’ozone, mais 85 % des piscines sont encore désinfectées au chlore. Cela dit, si vous ne voulez plus devoir en stocker, il existe un moyen d’en produire très facilement : disposer d’un électrolyseur au sel. L’injection de chlore s’effectue alors automatiquement en fonction des besoins du bassin.

J’imagine que les nouvelles technologies trouvent toute leur place dans cette démarche…

Absolument. Avec une pompe doseuse pour l’injection de chlore ou de brome, vous n’avez plus à vous préoccuper de la qualité de l’eau. Un testeur placé dans le bassin remonte automatiquement le taux de désinfectant et le PH au système qui se chargera du reste. Mais, au-delà, il est désormais possible de faire remonter sur un smartphone tous les paramètres du bassin : température de l’eau, taux de désinfection, de PH, état de fonctionnement de la pompe, ouverture ou fermeture de la couverture… Si vous avez une piscine en résidence secondaire, cela vous permet de tout contrôler et piloter à distance, pour ne plus avoir qu’à vous y plonger en arrivant le weekend. C’est la domotique appliquée à la piscine.

Un mot du budget ?

C’est difficile de donner une évaluation : il dépend du point de départ et du point d’arrivée ! Selon que vous ajoutez une pompe à chaleur, qu’une partie de la piscine était déjà automatisée, que vous ajoutez des améliorations esthétiques… Disons que la fourchette pourra aller de 3000 ou 4000 euros à 20 ou 25 000 euros si l’on touche à la structure. La première chose à faire, c’est donc de demander un devis, et de s’adresser à un piscinier plutôt qu’à quelqu’un dont ce n’est pas vraiment la spécialité.

Que représente le pool-staging dans l’activité des professionnels ?

Pour l’instant, il correspond à environ 20 ou 25 % de leur chiffre d’affaire. Mais dans la mesure où le parc français représente quand même deux millions de bassins, dont un peu plus des trois quarts sont enterrés, nous pensons qu’il existe un potentiel de rénovation qui n’est pas encore exploité et le sera dans les années à venir. Selon nos estimations, ce nouveau marché pourrait fournir de l’activité aux professionnels pendant au moins une dizaine d’années. Mais c’est vrai que, pour l’heure, de nombreuses innovations et solutions ne sont pas encore connues et prises en compte par le public.

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