Mieux construites sur des parcelles plus petites ; plus

Capture d’écran 2019-05-15 à 11.19.49confortables, plus lumineuses, plus pratiques et mieux ventilées, le portrait-robot des maisons a fortement évolué ces dernières décennies. Et l’apparition de nouvelles réglementations, notamment thermiques, ou de la domotique ne devrait pas ralentir le processus. C’était notamment le thème d’une étude rendue publique par la LCA-FFB (les Constructeurs aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment). Entretien avec son nouveau délégué national aux affaires techniques, Julien Serri.

Comment pourrait-on résumer l’évolution de la maison individuelle depuis 70 ans ?

Nous l’avons fait dans une étude rendue publique à l’occasion des Assises du logement. Les maisons de l’après-guerre étaient plutôt construites en matériaux locaux, avec d’importants sous-sols et de grandes hauteurs de plafond. C’est dans les années 1970-1980 que l’on a vu émerger une forme de maisons où commence à se dessiner celle du 21ème siècle. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est que la maison individuelle avec son bout de jardin reste le rêve d’une très large majorité de Français.

Comment s’est concrétisée cette évolution ?

Architecturalement, les formes ont changé, les maisons sont devenues plus cubiques. Elles sont aussi plus réfléchies, notamment sur l’organisation d’un intérieur qui les rend plus pratiques d’usage, moins compartimentées. Auparavant, par exemple, cuisine et salle à manger étaient séparées dans toutes les maisons. Aujourd’hui, dans la majorité des cas, la cuisine est ouverte sur le séjour pour gagner en convivialité et en sensation d’espace. Et à partir de 1982, après avoir cherché à régler les problèmes d’humidité, on a aussi beaucoup travaillé sur la qualité de l’air intérieur et son renouvellement…

A l’inverse, les chambres sont souvent plus petites aujourd’hui qu’autrefois…

Le problème vient du prix du foncier : l’achat du terrain représente aujourd’hui une part non négligeable dans le budget lié à la construction d’une maison individuelle. Les parcelles se sont donc réduites, mais l’ajustement se fait également sur le prix de la maison, donc sur sa surface habitable. Un m² en moins ici ou là… la taille des pièces annexes a diminué et, la plupart du temps, la surface des chambres oscille désormais davantage entre 11 et 13 m² qu’autour de 20.

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Les matériaux ont également beaucoup évolué…

Nous en avons en effet vu apparaître beaucoup, qui se marient en outre davantage que par le passé. La plaque de plâtre, par exemple, a complètement changé l’intérieur des maisons. Avant, les cloisons étaient construites en briques, les murs étaient plâtrés, avec des arrondis dans les angles parce que c’était plus facile à faire. L’apparition de la plaque de plâtre a également contribué à diminuer les surfaces, car l’isolation des murs prend de la place.

Cela nous amène à un autre aspect désormais fondamental, la performance énergétique.

A partir des années 1970, la consommation des maisons a en effet revêtu de plus en plus d’importance. L’arrivée du chauffage électrique a incité à la réduire et l’on a donc commencé à isoler les maisons. Le phénomène s’est amplifié avec la RT2000 les règlementations qui lui ont succédé, et qui ont bouleversé les modes techniques de construction : aujourd’hui on sait isoler par l’extérieur, les surfaces vitrées ont augmenté pour utiliser davantage la lumière naturelle et prendre en compte les apports solaires, la RT 2012 a vu l’apparition des énergies renouvelables et imposé la mise en œuvre d’une réflexion bioclimatique avant même de déposer un permis de construire…

Et comment voyez-vous la suite ?

Les futures réglementations, et notamment la Réglementation environnementale 2020, devront prendre en compte les retours d’expérience, pour gommer les effets pas toujours favorables des évolutions techniques. La question du chauffage l’hiver, par exemple, n’est plus un problème dans les constructions récentes. En revanche, sa résolution a engendré d’autres difficultés : le confort de demi-saison, la surchauffe des pièces exposées au sud… Pour le reste, les prochaines évolutions se feront sur l’empreinte carbone du bâtiment. Cela signifiera utiliser des matériaux biosourcés, renouvelables, analyser leur impact sur l’environnement… Peut-être verra-t-on, par exemple, apparaître des façades avec un bardage en bois pour favoriser le stockage du carbone ? La RE 2020 entraînera donc sans doute de nouvelles évolutions dans la façon de construire. Mais elle est encore en cours de discussion et nous ne serons pas précisément fixés avant le milieu de l’été.

Les nouveautés du CES

Le traditionnel salon de l’électronique de Las Vegas a mis en lumière quelques nouveautés françaises appelées à nous faciliter la vie.

Parmi les lauréats de l’édition 2019, un détecteur de fuite relié à la tuyauterie du logement, une bouche de ventilation autonome et intelligente qui surveille la qualité de l’air intérieur ou une serrure connectée Li-Fi, qui transmet les informations haut débit grâce à la lumière.

A l’occasion de ce salon, l’Ifop et Legrand ont réalisé une enquête sur les attentes relatives à l’utilisation des objets connectés en France, aux États-Unis et en Chine*.

Quel que soit le marché, les usages jugés les plus pertinents sont l’alerte en cas de danger, la vérification à distance de l’état des équipements et le contrôle de ce qu’il se passe dans le foyer. La simulation de présence intéresse également 8 personnes sur 10 dans les trois pays.

L’étude souligne un réel intérêt chez les particuliers pour :

– le pilotage par la voix les équipements du domicile, pour plus de 3 français sur 4 (77 %) ;

– le contrôle et la programmation à distance des équipements du logement, dans les 3 pays, avec un très vif intérêt en Chine (92 % contre 79 % en France) ;

– l’utilisation d’une fonctionnalité de reconnaissance faciale pour autoriser l’accès au logement : la Chine présente un vrai enthousiasme (92 % contre 65 % en France et 67 % aux États-Unis).

* Etude quantitative ad hoc réalisée via un mode de recueil online, du 12 au 19 octobre 2018, auprès d’échantillons représentatifs de la population nationale internaute âgée de 18 ans et plus. France : 1 003 interviews / USA : 1 002 interviews / Chine : 1 006 interviews. La représentativité des échantillons interrogés a été assurée par la méthode des quotas sur les critères suivants : sexe, âge, CSP, région, taille d’agglomération en France / sexe, âge, région pour les pays étrangers.

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