L’agent immobilier se doit d’être le partenaire naturel et permanent de leur client

bricecardiSur une liste de 13 propositions, une étude récente ne plaçait le logement qu’au 11ème rang des préoccupations des Français, loin derrière le pouvoir d’achat, l’environnement ou l’éducation, par exemple. Pourtant, sur le terrain, le sentiment est tout autre et les attentes sont toujours aussi fortes. Le temps est plus que jamais venu selon Brice Cardi, PDG du réseau L’Adresse, de procéder à une évolution des professionnels du secteur.

Sur le terrain, comment percevez-vous les attentes des consommateurs ?

Bien loin des résultats de cette enquête ! Le marché locatif est de plus en plus tendu et difficile dans les grandes agglomérations, en particulier à cause de la concurrence des plateformes de location de tourisme, qui tarissent progressivement l’offre de location longue durée pour les gens ayant un réel besoin de logement. Quant à la transaction, c’est un peu le chat qui se mord la queue : les vendeurs susceptibles de mettre un bien sur le marché ne le font que s’ils en ont trouvé un à acheter, l’offre devenant ainsi mécaniquement de plus en plus rare. C’est ainsi que le nombre de mandats rentrés dans le réseau sur le 1er trimestre 2019 a baissé de 17 % à Paris par rapport à la même période de 2018, et de près de 10 % sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, quel rôle peuvent jouer les professionnels de l’immobilier ?

ladresseÊtre plus présents sur leur secteur, tenir un discours motivant aux vendeurs potentiels, les convaincre de profiter de taux historiquement bas pour concrétiser leur projet, les inciter à être plus actifs et même leur venir en aide dans leurs recherches d’acquisition, pour les pousser à libérer un bien qui sera ensuite mis à la vente… En définitive, ils doivent tenir un rôle permettant de fluidifier et rythmer le marché immobilier ancien. A l’heure du numérique et des nouveaux outils, l’avenir des professionnels et des agences passerait-il donc encore par l’humain ? Et même plus que cela ! Si nous voulons vraiment contribuer à apporter une solution au blocage qui semble se profiler, nous ne devons pas nous montrer attentistes et nous contenter de rentrer les mandats de vente. Dans nos agences, il faut que les acquéreurs puissent s’appuyer sur des chasseurs d’appartements et sur tous les services qui faciliteront leur changement de logement. C’est dans cet esprit que L’Adresse a été le premier réseau à mettre en place un dispositif comme la conciergerie qui, depuis, a été copié par tous les réseaux d’agences et de mandataires. Son succès s’explique : les solutions digitales nous permettent de déclencher automatiquement des actions d’accompagnements personnalisés dès la signature d’un bail ou d’un compromis de vente. Je pense que nous devons maintenant aller plus loin dans cette démarche d’accompagnement, d’humanisation et de fidélisation.

Ce qui veut dire que le rôle des professionnels de demain est amener à s’élargir considérablement ?

ladresse2Oui, et nous allons prolonger au sein des agences du réseau L’Adresse le système de la conciergerie sur un nombre illimité de services, comme l’assurance habitation, l’aide au déménagement, les petits dépannages et travaux, la maintenance du chauffage, de la téléphonie ou d’Internet…Tout ce qui peut toucher de près ou de loin à un projet de vie dans son habitat. Le réseau, par la voix de ses professionnels, doit devenir le partenaire naturel et permanent de tous et ce, pour toutes les questions concernant le logement. Pour y parvenir, je veux aussi étendre les bénéfices de notre modèle économique, la coopérative, aux consommateurs. A l’instar de nos sociétaires, ils doivent pouvoir profiter de notre centrale d’achats, pour que nos solutions leur soient à la fois utiles, faciles et moins chères. Nous lancerons des pilotes à ce projet dès cette année. Et si l’expérience se révèle positive, nous l’étendrons à l’ensemble des agences L’Adresse. Ce projet correspond bien aux valeurs qui nous animent depuis vingt ans !