En 50 ans, le nombre de ménages ayant acquis les clés de leur résidence principale a augmenté de 15 points en France métropolitaine, selon une étude de l’Insee qui note que près de 58 % des ménages sont propriétaires de leur logement, contre seulement 43 % en 1968. Sur cette période, le nombre de ménages est passé de 15,7 millions à 27,9 millions.

Cette tendance s’accorde avec une diminution de la part des ménages locataires, et une proportion d’hébergement gratuit presque inexistante aujourd’hui (2 %), contrairement à 1968 (12 %).

Seniors et couples

La part de propriétaires n’a cessé de croître depuis les années 1980 jusqu’en 2010, avant de se stabiliser. Parmi eux, environ un tiers n’a pas fini de rembourser l’emprunt lié à l’achat du logement. Ce taux a fortement augmenté dans les années 1980 avant de baisser jusqu’au milieu des années 2000. Il est stable depuis.

De manière générale, la part de propriétaires augmente avec l’âge : les ménages dont le référent a plus de 60 ans sont plus souvent propriétaires. Mais, en une cinquantaine d’années, l’écart avec les autres tranches d’âge s’est creusé : la part de propriétaires a augmenté de 19 points pour atteindre 73,7 % chez les plus de 60 ans, alors qu’elle restait stable, et relativement faible, chez les ménages les plus jeunes (moins de 25 ans) : entre 6 % et 8 %. Cette disparité est particulièrement marquée en Île-de-France.

Les couples avec ou sans enfants sont plus souvent propriétaires que les personnes seules. De plus, leur part de propriétaires croît significativement depuis 1968 (respectivement de + 23 et + 26 points). En revanche, les familles monoparentales sont moins souvent propriétaires.

Dans toutes les régions

Pour l’Institut, cette augmentation du nombre des propriétaires résulte notamment du « niveau de vie des ménages, du prix du l’immobilier, des conditions d’emprunt et des dispositifs d’aide à l’accession à la propriété ».

La part de propriétaires a cependant augmenté plus fortement parmi les catégories sociales les plus favorisées : respectivement + 23 et + 21 points pour les ménages dont le référent est cadre ou profession intermédiaire, contre + 6 points chez les employés, + 10 chez les agriculteurs ou + 14 chez les ouvriers.

Enfin, la part de ménages propriétaires augmente dans toutes les régions, de 8 points en Occitanie jusqu’à + 18 points en Normandie. Toutefois, les régions qui présentaient une part élevée de propriétaires en 1968 (Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie…) connaissent les plus faibles hausses. À l’inverse, la hausse est plus nette dans les régions où la part était initialement plus faible (Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes…)

Bien que l’augmentation de la proportion de propriétaires observée en Île-de-France soit proche de la moyenne nationale, elle reste très inférieure aux niveaux observés dans les autres régions (47,4 %). C’est en Bretagne que les propriétaires sont les plus nombreux : 66,4 % des ménages.

Dans l’Union européenne un peu moins d’un tiers des ménages (31 %) étaient locataires de leur logement en 2016. Ce taux varie toutefois fortement : de 4 % en Roumanie à 48 % en Allemagne. Il est en général plus fort dans les pays d’Europe du Nord, qui disposent d’un secteur locatif important et offrent une bonne protection aux locataires et plus faible dans les pays d’Europe centrale, où les locataires ont souvent pu accéder à la propriété après 1989. Les pays méditerranéens occupent une position intermédiaire. Avec 35 % de locataires, la France se rapproche par exemple des pays du Nord ; l’Espagne, avec 22 % de locataires, est à l’inverse plus proche des pays d’Europe centrale.

ladresse

Photo by Yasmine Boheas on Unsplash