Près d’1 million de logements ont été vendus en 2017 ! Le marché immobilier hexagonal a enfin renoué avec le dynamisme de 2007. Cet engouement retrouvé pour la pierre a engendré une remontée des prix. Pour autant, même s’il reste à un très haut niveau, le moral des professionnels de l’immobilier est désormais en légère baisse.

986 000 ventes dans l’ancien en 2017 :il s’en est fallu de peu qua la barre du million soit franchie. C’est en tout cas 16,7 % de plus qu’en 2016.

Une année record

Sur trois ans, ce sont près de 300 000 logements supplémentaires qui ont changé de propriétaires, soit une hausse de 42 % à l’échelon national (48 % en Ile-de-France, 41 % en province). Et les niveaux atteints en 2014 et 2007, année jusque là record, ont été largement dépassés.

D’ailleurs, avec un parc de 35,7 millions de logements, le taux de rotation (2,8 %) est également supérieur à celui d’il y a dix ans. Les rotations les plus élevées sont intervenues essentiellement sur les façades atlantique et méditerranéenne, ainsi qu’en Ile-de-France.

Conséquence immédiate de ce fort rebond de la demande, les prix sont repartis la hausse : + 4,2 % en moyenne entre 2016 et 2017, pour s’établir à 2550 €/m² (+ 4,9 % pour les appartements, à 3385 €/m² ; + 3,7 % pour les maisons, à 2143 €/m²).

Grand cru pour Bordeaux

Cependant, même si la hausse des prix demeure plus marquée en Ile-de-France (+ 5 %) qu’en province (+ 3,9 %), pour une fois, ce n’est pas Paris (+ 6,5 %) qui enregistre la plus forte progression, mais Bordeaux (+ 7,7 %). Lyon complète le podium (+ 5,5 %). Tout en bas de l’échelle, Dijon est la seule grande ville où les prix ont continué de baisser (- 1 %).

Autre illustration de cette France à deux vitesses : les dix départements les plus actifs (Paris, Hauts-de-Seine, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Gironde, Rhône, Yvelines, Var, Nord et Val-de-Marne) représentent 41,4 % du montant total des ventes en 2017, contre 1 % seulement pour les dix départements les moins actifs (Haute-Saône, Indre, Ariège, Meuse, Territoire-de-Belfort, Cantal, Haute-Marne, Creuse, Guyane et Lozère).

Reste un second bémol : hors inflation, les prix 2017 n’ont retrouvé leur niveau d’avant la crise de 2008 qu’à Paris et dans sa région.

Le retour des nuages ?

L’an dernier, l’augmentation des prix conjuguée à la hausse légère des taux (+ 16 points de base) a entraîné une baisse du pouvoir d’achat immobilier des ménages, qui perdent en moyenne 5 m². Cette capacité d’achat reste toutefois bien supérieure à ce qu’elle était en 2007 ou en 2012, avec des taux d’intérêt deux ou trois fois plus élevés.

Le dynamisme de l’activité devrait donc perdurer cette année, mais la hausse des prix devrait être plus modérée : aux alentours de + 2 %. Trois indicateurs se révèleront déterminants : l’évolution des taux, la confiance des ménages et le niveau d’emploi.

Du reste, à en croire le baromètre Crédit foncier/CSA, le moral des professionnels est légèrement retombé ces derniers mois. Si 80 % d’entre eux se déclarent toujours optimistes pour 2018, la part de ceux qui considèrent que le marché s’est détérioré tend à progresser, s’établissant désormais à 16 % contre 11 % en avril 2017.

Une évolution qui fait écho aux inquiétudes levées ces derniers temps par des organisations professionnelles comme la Fédération française du bâtiment ou celle des promoteurs immobiliers.

Vacance en hausse

« La part de logements vacants s’est considérablement accrue depuis dix ans. » C’est Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim, qui s’en est inquiété à l’occasion du bilan 2017. Aujourd’hui, d’après l’Insee, la France compte 3 millions de logements vacants, soit 8,4% du parc. Ils n’en représentaient qu’environ 6,4% en 2005, soit 2,3 millions. Il s’agit de biens considérés comme obsolètes, ou situés trop loin d’une zone d’activité économique.

« Ne faudrait-il pas envisager des démolitions reconstructions sur une grande échelle ? », se demande donc la FNAIM. « Mais agir sur l’habitat ne suffira pas. La reconquête des centres passera aussi par des politiques publiques volontaristes agissant sur l’amélioration, entre autres, des transports publics et le retour des commerces de proximité. Politiques qui, dans le contexte actuel de finances limitées pour les collectivités locales ne pourront être mises en œuvre qu’avec le soutien vigoureux de l’État ! »

youth-570881_1920

 

Photos