L’Observatoire des taxes foncières sur les propriétés bâties vient de publier ses chiffres pour 2016 : la hausse se poursuit, et même s’accentue, dans les grandes villes.

+3,78 % en moyenne annuelle dans les cinquante plus grandes villes du territoire, + 14,7 % en cinq ans sur l’ensemble du pays : la 10ème édition de l’Observatoire confirme une tendance constatée depuis plusieurs années.

Trois fois l’inflation

Les « meilleures performances » de l’année reviennent à Nantes, Argenteuil, Saint-Denis et Lille, où les factures ont respectivement augmenté de près de 15, 12 et 11 %.  A la décharge des communes, elles ne sont pas forcément responsables de la flambée. A Nantes, par exemple, c’est la métropole qui a multiplié son taux de taxe foncière par 10 ! A Argenteuil et Lille, l’escalade résulte surtout de la gourmandise du département, dont les cotisations ont grimpé de 31 et 27 %.

Entre 2010 et 2015, la taxe foncière a augmenté de près de 15 % sur l’ensemble du territoire. A titre de comparaison, la hausse représente pratiquement trois fois l’inflation sur la même période (+ 4,97 %), trois fois et demie l’augmentation des loyers et deux fois celle du Smic horaire brut (+ 7,44 %) !

Pour expliquer ce qu’il faut bien appeler un dérapage, les collectivités mettent en avant la nécessité de trouver de nouvelles ressources pour financer les charges qui, à l’image du RSA, leur incombent désormais. Il n’empêche, un impôt foncier représentant parfois plus de deux mois de loyers risque fort de finir par détourner les investisseurs du marché locatif, ou à tout le moins de certaines villes.

Le grand écart

Car, au-delà des hausses, les niveaux de taux se révèlent pour le moins contrastés. Hors enlèvement des ordures ménagères, Paris et sa région font figure d’oasis, avec les niveaux d’imposition les plus faibles de l’Hexagone : 13,5 % de la fraction de référence de la valeur locative pour la capitale, 15,09 % à Boulogne-Billancourt, 18,8 % à Asnières, 19,67 % à Nanterre. A l’autre extrémité du palmarès, on trouve Amiens (55,87 %), le Havre (54,36 %), Angers (54,34 %), Grenoble (53,92 %), Nîmes (53,46 %) et Montpellier (52,5 %).

L’intégration de la TEOM modifie sensiblement le classement : le Havre devient la ville la plus chère (68,21 %) devant Nîmes (67,71 %). Certaines villes font leur apparition : Tourcoing (65,64 %), Dunkerque (65,23 %) ou Roubaix (64,72 %). Enfin, si l’on se limite aux cinq plus grandes villes de France, c’est à Marseille que la taxe foncière est la plus chère (61,05 %). Suivent Toulouse (56,26 %), Nice (46,11 %), Lyon (36,66 %) et Paris (19,71 %).

 

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