SELON LA LOI N° 2010-238 DU 9 MARS 2010, DANS QUELQUES SEMAINES, TOUS LES LOGEMENTS DEVRONT ÊTRE ÉQUIPÉS D’AU MOINS UN DÉTECTEUR AUTOMATIQUE DE FUMÉE. POUR L’HEURE, À PEINE PLUS D’UN FOYER SUR CINQ DISPOSE D’UN DÉTECTEUR ; LA PROPORTION NE SERA VRAISEMBLABLEMENT PAS BEAUCOUP SUPÉRIEURE À UN SUR TROIS À L’ÉCHÉANCE DU 8 MARS PROCHAIN. SI VOUS FAITES PARTIE DES RETARDATAIRES, CET ARTICLE VOUS AIDERA PEUT-ÊTRE À PASSER À L’ACTION. EN TOUT CAS, AVEC L’AIDE DE RÉGIS COUSIN, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRA- TION FRANÇAISE DES MÉTIERS DE L’INCENDIE, IL SE SERA EFFORCÉ DE RÉPONDRE À TOUTES LES QUESTIONS QUE VOUS POUVEZ VOUS POSER SUR LE SUJET !
 

Pourquoi une telle obligation ?

Chaque année, les incendies tuent entre 600 et 800 per- sonnes en France et font 10 000 blessés, dont 3000 restent lourdement invalides. Dans des pays comme la Grande-Bretagne, le Canada où les pays nordiques, qui affichent des taux d’équipement proches de 90, voire 95 %, cette cause de mortalité a fortement diminué. L’utilité du détecteur n’est donc plus à démontrer.

Pourtant, promulguée voici près de cinq ans, la loi française n’est que peu suivie d’effet pour l’instant. Régis Cousin y voit au moins trois raisons. “Le feu est totalement absent de notre culture du risque. Si vous interrogez les Français dans la rue sur les menaces qu’ils redoutent, ils évoqueront l’insécurité, les intempéries, les risques routiers, sanitaires ou environnementaux. Mais ils ne parleront jamais de l’in- cendie, sauf si eux ou leurs proches en ont été directement victimes. De plus, les pouvoirs publics n’ont que très peu communiqué sur le sujet. Enfin, trois ans se sont écoulés entre le vote de la loi et la publication de l’arrêté qui pré- cisait définitivement les caractéristiques des détecteurs. Ces trois ans ont donc été perdus”.

Quel modèle choisir

Pour être homologué, le détecteur de fumée doit a minima être marqué CE et certifié selon la norme NF EN 14604. Concrètement, le détecteur de fumée se présente souvent sous la forme d’un disque et ressemble à un diffuseur de parfum. Il doit pouvoir détecter les fumées dès le début d’un incendie et émettre immédiatement un signal sonore suffisant pour réveiller une personne endormie dans le

seul logement où le feu s’est déclaré. “Ces capacités de détection sont testées en laboratoire, selon plusieurs natures de feu. Lorsque le seuil est atteint, cela déclenche une alarme dont le niveau est fixé à 85 décibels, ce qui suffit amplement à mettre un terme au plus profond des sommeils”.

Plusieurs informations doivent figurer de manière in- délébile sur l’appareil : nom ou marque et adresse du fabricant ou du fournisseur ; numéro et date de la norme à laquelle se conforme le détecteur ; date de fabrication ou numéro du lot et type de batterie à utiliser. Enfin, le mode d’emploi pour l’installation, l’entretien et le contrôle du détecteur, notamment les instructions concernant les éléments devant être régulièrement remplacés, doivent être fournis avec l’appareil.