La  conjoncture dans tous les segments du marché immobilier, les chiffres attestent d’un dynamisme retrouvé. Le raffermissement de 2015 s’est poursuivi et même amplifié l’an dernier. Avec près de 850 000 transactions, le volume des ventes est en hausse de 5,2 %.

Sur le marché de l’ancien, l’activité a donc retrouvé l’an dernier un niveau qu’elle n’avait plus enregistré depuis les volumes historiques de 2006 et début 2012. Dans le même temps, les prix ont continué à légèrement progresser pendant que les loyers sont restés stables.

Conjoncture: des conditions exceptionnelles

La principale explication de ce redémarrage n’a pas changé depuis des mois et tient, toujours, dans des conditions de financement extrêmement favorables aux ménages (voir encadré). Déjà peu élevés fin 2015, les taux ont encore baissé en 2016, perdant 78 points de base supplémentaires en un an, pour se situer à 1,55 % en moyenne.

L’incidence sur le pouvoir d’achat des emprunteurs a été immédiate : à la fin de l’année, pour un même budget, il était en moyenne possible d’acquérir cinq m² de plus qu’un an plus tôt.

Pour autant, comme souvent, ces statistiques masque des réalités sensiblement différentes selon les régions. Le décalage est même souvent impressionnant entre départements et entre métropoles régionales.

Les réalités différentes

Ainsi, la progression moyenne de 5,2 % du nombre de ventes ne reflète que bien imparfaitement la chute de 3,6 % constatée en Lozère, ou le pic de 13,3 % enregistré en Haute Corse. De même, il n’y a rien de commun entre les dix départements les plus actifs et les dix autres qui ferment la marche : les premiers totalisent 27,6 % du volume des ventes, quand les derniers en représentent difficilement 2,2 %.

Le constat vaut également pour les prix. Entre Paris (8 665 € le mètre carré) et Limoges (1 301 € le mètre carré), le grand écart est digne d’une danseuse étoile ! Et les évolutions moyennes sont tout aussi trompeuses : quand les prix montent de plus de 3% à Nîmes, ils ne dépassent pas 2 059 € le mètre carré. Alors que s’ils chutent dans les mêmes proportions à Ajaccio, ils se situent encore à 3 040 €. Les rendements locatifs ne sont pas moins contrastés, entre 7,2 % à Rouen et 4,7 % à Bordeaux.

La conjoncture le doute subsiste

Finalement, une interrogation demeure : avons-nous assisté en 2016 à un véritable redémarrage ou à un simple rattrapage ? Au sortir d’une longue période d’attentisme, la stabilisation des prix, conjuguée à la baisse des taux, a permis la réalisation de projets jusque-là différés. Mais le ralentissement de la progression enregistré en fin d’année ne signifie-t-il pas que cette phase touche à sa fin ?

Même si le premier trimestre 2017 semble encourageant, il faut sans doute attendre encore un peu avant de se prononcer définitivement.