Avec 950 000 transactions à la fin du mois de juin 2018, les ventes de logements ont sans doute atteint un plafond. Le chiffre est en hausse de 3,4% sur douze mois, mais en baisse de 1% par rapport à décembre 2017 : l’activité a donc amorcé un repli au premier semestre.

Sur cette même période d’un an, les prix du mètre carré ont augmenté en moyenne de 4,3 % au niveau national.

Toujours des disparités

La hausse a été plus marquée en Ile-de-France (5,2 %) qu’en province (3,9 %), où des disparités flagrantes ont été constatées entre les villes. Ainsi les prix ont bondi de 9,1 % à Bordeaux ou de 5,6 % à Lyon, alors que la hausse n’a pas dépassé 1,7 % à Rouen ou 1,8 % à Marseille.

Les variations sont également différentes selon les types de bien. L’augmentation est plus sensible pour les appartements (6,2 % en région parisienne, 4,5 % dans le reste du pays) que pour les maisons (respectivement + 3,2 % et + 3,7 %).

Du côté des loyers, la stabilité prévaut, avec des hausses sur un an inférieures à 1 % à Paris, Nantes ou Toulouse et à 2% à Lille, Lyon et Strasbourg. Seules Marseille, Rennes et Bordeaux ont enregistré une augmentation supérieure à 2 %, niveau de l’inflation sur la période observée.

Le moral tient bon

Elément encourageant, selon une étude Ifop réalisée pour la FNAIM, le moral immobilier des Français est plutôt au beau fixe :

– 77 % des personnes interrogées jugent la situation économique favorable pour devenir propriétaire pour la première fois ;

– 61 % d’entre elles estiment la période globalement favorable à l’achat et 44 % à la vente ;

– 62 % des sondés considèrent la situation économique favorable pour réaliser un investissement locatif.

Le profil des candidats à l’acquisition se compose à 86 % d’actifs, dont l’impression dominante est que les prix vont plutôt continuer à augmenter. Le marché paraît plus dynamique aux yeux de plus de la moitié (53 %) des personnes interrogées (elles n’étaient que 18 % en 2012) et plus équilibré pour plus de quatre Français sur cinq (83 %). Enfin, les acheteurs se révèlent de mieux en mieux informés : 75 %, par exemple, sont bien au fait de la performance énergétique du bien qu’ils envisagent d’acquérir.

Des propositions

Dans ce contexte, et au regard de l’urgence à répondre au besoin en logements, et en terrains, la FNAIM exhorte les collectivités locales à ouvrir à l’urbanisation de nouveaux espaces en reconstituant une offre foncière au moins équivalente aux droits utilisés l’année précédente.

Pour redynamiser les centres-villes, la Fédération encourage la création d’un statut fiscal en faveur d’un bail commercial revitalisation.

Toujours pour répondre au besoin des Français de bien se loger, il conviendrait de rendre les primo-accédants éligibles au dispositif Pinel et systématiser le transfert de prêts immobiliers pour mettre les emprunteurs à l’abri des retournements de conjoncture en matière de taux.

Enfin, la FNAIM propose d’exonérer de fiscalité les personnes non soumises à l’IFI qui investissent dans l’immobilier locatif et d’exonérer les revenus fonciers à partir de la quinzième année de détention jusqu’au terme de la location.

« Très grave problème »

Invité de la FNAIM fin juin, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires a estimé que la France faisait face à « un très grave problème de logement. Julien Denormandie a notamment pointé l’augmentation du nombre de logements vacants, chiffrée par l’Insee à 1 million entre 1984 et 2017, qui atteint désormais 2,8 millions. Le secrétaire d’Etat entend également « retisser le lien de confiance » entre propriétaires et locataires.

Photo de Ryan Searle via Unsplash

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