Les prix des logements anciens continuent à augmenter légèrement. Selon les derniers chiffres de l’Insee et des Notaires de France, la progression était de 1% à l’échelle nationale au 3ème trimestre, et de 2,9% sur un an. Les volumes d’activité restent élevés.

Comme c’est le cas depuis fin 2016, la tendance est principalement alimentée par les prix des appartements, qui augmentent de 3,3 % en un an, contre 2,6 % pour les maisons.

L’Ile de France en pointe

La plus forte hausse est enregistrée par les appartements parisiens, dont le prix moyen a augmenté de 6,2 % en un an. Sur l’ensemble de l’Ile-de-France, l’augmentation se poursuit mais ralentit : + 4,2 % sur un an, contre + 4,9 % trois mois plus tôt. La tendance est la même pour les maisons (+2 % après +2,5 %). En Province, la progression annuelle est pratiquement identique pour les maisons (+2,7 %) et pour les appartements (+2,6 %)

Côté volumes, l’activité se poursuit sur des bases très élevées. En septembre, le nombre de transactions réalisées sur un an atteignait de 956 000, un niveau comparable au cumul annuel du trimestre précédent (environ 954 000 en juin), et même supérieur à de la même période de 2017 (948 000 ventes).

Dans ce contexte, députés et sénateurs ont adopté un amendement au projet de Loi de finances pour 2019 sur la réhabilitation des logements anciens dégradés.

Nouveau dispositif

Inspirée de la loi Pinel dans l’ancien, cette aide fiscale déjà baptisée « Denormandie ancien », du ministre délégué à la Ville et au Logement auprès de la ministre de la Cohésion des territoires, concerne l’acquisition de biens destinés à être mis en location, mais qui doivent faire auparavant l’objet d’importants travaux de rénovation. Objectif : diminuer le nombre des logements insalubres et redynamiser certains centres villes à bout de souffle.

En contrepartie d’’une réduction d’impôt comprise entre 12 et 21 % de l’investissement total, plafonnés à 300 000 euros par opération, les acquéreurs devront s’engager à louer le bien rénové pendant une durée comprise entre 6 et 12 ans. Selon le ministère, « seront éligibles les acquisitions de logements anciens faisant l’objet de travaux d’amélioration, qui devront représenter au moins 25 % du coût total de l’opération dans les territoires connaissant une dégradation importante de l’habitat ».

Dans un premier temps, le dispositif sera ouvert aux 222 communes concernées par le Plan Action cœur de ville, ainsi qu’à celles qui ont conclu des Opérations de revitalisation du territoire (ORT).

Taux stables et bas

Les conditions de crédit restaient exceptionnelles au 3ème trimestre 2018. Depuis juin, les taux se sont stabilisés. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire Crédit Logement – Csa, ils se situaient à 1,44 % en moyenne en novembre, hors assurance (1,5 % pour l’accession dans le neuf, et 1,46 % pour l’accession dans l’ancien). Compte tenu de la reprise de l’inflation, les taux d’intérêt réels sont donc négatifs depuis mai, créant même une situation inédite depuis le 1er choc pétrolier en 1974.

Alors que la demande de crédit tarde à se relever, l’effort des organismes financiers s’est plus particulièrement porté sur les profils les moins faciles : les emprunteurs auxquels s’appliquent des taux situés entre les valeurs moyenne et maximale ont bénéficié des plus fortes baisses.

L’allongement des durées moyennes d’emprunt se poursuit. Depuis le début 2014, les durées elles ont augmenté de 18 mois (+ 5 mois en 2017 et + 6 mois depuis le début de l’année 2018) et atteignent désormais 227 mois, soit huit mois de plus qu’en janvier 2018. Enfin, le niveau de l’apport personnel poursuit sa chute (-6,2 % sur les dix premiers mois de 2018).

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