Comme chaque trimestre, « Propriétaires » vous propose de partir à la découverte d’une région ou d’un département, à travers son marché immobilier, bien sûr, mais aussi, et peut-être surtout, en nous attardant sans la moindre prétention d’exhaustivité sur ce qui fait son charme : spécialités gastronomiques, centres d’intérêt, sites remarquables… Dans ce numéro, gros plan sur une ville et sa région, Grenoble avec un guide occasionnel : Patrick Atlan, sociétaire L’ADRESSE à Grenoble et Voiron.

IMMOBILIER : LES EFFETS D’UNE ECONOMIE DYNAMIQUE

Pour Voiron, Patrick Atlan manque encore de recul : il n’a ouvert son agence qu’il y a quelques mois. Si le démarrage est lent, les perspectives sont bonnes, portées par un dynamisme économique au-dessus de la moyenne. « C’est un micromarché, dans une ville en pleine expansion, où le maire a lancé un plan de grands travaux. Voiron accueille le siège de plusieurs grosses entreprises, et c’est la ville où tous les habitants des autres vallées viennent faire leurs courses ! » Le neuf y est notamment en pleine expansion, avec de nombreuses opérations de promotion immobilière, dans un marché « tout à fait correct, mais sans folie ».

A l’inverse, les promoteurs nationaux semblent avoir déserté Grenoble. « La ville fait l’objet de fortes contraintes politiques en matière d’urbanisme, qui les ont découragés. Mais, là encore, le dynamisme économique compense ce climat défavorable. Grenoble est une ville d’ingénieurs ! Les grandes écoles y attirent 40 000 étudiants. Le Centre National de la Recherche Scientifique, le Commissariat à l’Energie Atomique, le Centre d’Etudes Supérieures de la Gendarmerie, Schneider, Air-Liquide ou le Synchrotron… y sont implantés. » Et le faible développement du neuf favorise le parc ancien qui, lui aussi « se porte correctement. Nous avons par exemple réalisé un excellent mois de juillet, où nous avons même battu notre record ».

UNE VILLE PROCHE DE TOUT

Originaire du Mans, dans la Sarthe, Patrick Atlan est arrivé dans l’Isère voici une bonne vingtaine d’années, pour raisons familiales. « Si vous aimez le ski et la randonnée, vous promener dans les sentiers en automne pour  ramasser des champignons, vous êtes au paradis ! Grenoble est entourée par trois massifs : Vercors, Chartreuse et Belledonne. Et je ne pourrais pas vous donner le nombre de stations de sports d’hiver de toutes tailles situées à moins d’une heure et demie de route ! Personnellement, n’étant pas particulièrement montagnard, j’avoue toutefois que je suis davantage séduit par le dynamisme de la ville, qui est assez agréable ».

Notre guide d’un jour se révèle donc plus citadin qu’attiré par les sommets. Qu’à cela ne tienne, Lyon n’est qu’à une centaine de kilomètres aussi. « J’adore cette ville, ses immeubles haussmanniens, son élégance… J’y vais souvent ».

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LE(S) SITE(S) : LA NATURE AVANT TOUT

Haut lieu de la randonnée en France avec ses 740 km de sentiers et sa trentaine de refuges, le Parc national des Ecrins abrite, sur 160 000 hectares, plus de 2000 espèces de végétaux, dont le chardon bleu des Alpes, le sabot de Vénus, l’edelweiss ou le génépi et plus de 350 espèces de vertébrés. Chamois, bouquetins, marmottes, loup gris, lynx boréal, aigle royal, vautour fauve, faucon pèlerin, grand-duc, gypaète barbu et autre chevêchette ont leurs habitudes autour de ses 150 sommets de plus de 3000 m, de sa quarantaine de glaciers et de ses innombrables lacs.

Plus à l’ouest, le parc régional du Vercors ajoute la force d’une page d’histoire à la beauté naturelle de cette véritable citadelle de calcaire. Le Mémorial de Vassieux en Vercors, les Nécropoles de St Nizier-du-Moucherotte et de Vassieux-en-Vercors, le Gisant de Malleval en Vercors ou la cour des Fusillés à la Chapelle-en-Vercors rappellent en effet que, pendant la seconde guerre mondiale, le plateau fut un haut lieu de la Résistance et le théâtre d’un véritable drame. En juillet 1944, 15 000 soldats allemands furent lancés pour débusquer les combattants qui y avaient trouvé refuge. Plus de 200 civils et 630 maquisards trouvèrent la mort dans cette tragédie. Côté nature, plus de 80 espèces végétales protégées y sont recensées, dont le sabot de Vénus, la primevère “oreille d’ours”, la tulipe sauvage … On dénombre également 135 espèces d’oiseaux nicheurs (dont le tétras-lyre, emblème du parc) et 65 espèces de mammifères. Le Vercors est notamment l’un des rares massifs abritant les six grands ongulés sauvages de France : chamois, cerf, chevreuil, mouflon, sanglier et bouquetin.

« Toujours au chapitre historique, la région fut également le berceau de la Révolution française », rappelle à juste titre Patrick Atlan. Tout a commencé le 21 juillet 1788, lorsque l’Assemblée des trois ordres du Dauphiné s’est réunie dans la salle du Jeu de Paume du château de Vizille pour réclamer la convocation des Etats généraux. Monument historique, ancienne demeure du duc de Lesdiguières (XVIIème siècle), de la famille Perier (1782-1895), et des présidents de la République (1925-1960), le château abrite aujourd’hui le Musée de la Révolution française.

Dans un tout autre registre, amateurs de sensations fortes et/ou de points de vue sublimes ont rendez-vous aux passerelles himalayennes de Treffort, au Vertige des Cimes de Lans-en-Vercors, ou au funiculaire de Saint Hilaire du Touvet. A l’autre extrémité, difficile pour les amoureux de la vie souterraine de passer à côté des labyrinthes naturels, lac souterrain, amphithéâtre de petits bassins, stalagmites, stalactites, draperies et chauves-souris des grottes de la Balme et de Chorance.

Enfin, les gourmands ne manqueront pas le détour par les caves de la célèbre Chartreuse, dont nous reparlerons un peu plus loin…

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L’EVENEMENT : VIVE LA MUSIQUE  

« Grenoble est une ville universitaire et intellectuelle. La vie culturelle y est donc riche, avec un théâtre, une salle de concerts, une programmation cinématographique de qualité. Et cette offre abondante dépasse même les frontières de la seule préfecture », confie Patrick Atlan. Aucun mélomane n’ignore en effet que l’Isère accueille trois des principaux festivals de l’été.

Tous les ans, début juillet, Jazz à Vienne programme les plus grands artistes mondiaux du jazz, bien sûr, mais aussi du hip-hop, de la soul ou de la World Music. Rien que cette année, Angélique Kidjo, Archie Shepp, De la Soul, Herbie Hancock, Keziah Jones, Mary J. Blige, Seu Jorge, ou Zucchero ont fait swinguer pendant deux semaines la vénérable scène du prestigieux théâtre antique.

Pour sa 30ème édition, le Festival Rencontres Brel de Saint-Pierre de Chartreuse est devenu cette année « Le Grand Son ». Nouveau nom, mais énergie conservée pour une programmation que ne renierait sans doute pas le grand Jacques, et qui réunissait notamment fin juillet Hugues Aufray, Trust ou Vianney.

Un peu plus tard, deuxième quinzaine d’août, la Côte-Saint-André rend hommage à son plus célèbre enfant, le compositeur romantique Hector Berlioz qui y vit le jour en 1803, dans l’un des rares festivals de musique symphonique de l’Hexagone, dont la renommée est désormais largement internationale.

Enfin, depuis deux ans, la mairie de Grenoble organise également la Fête des Tuiles, pour rappeler que le 7 juin 1788, les Grenoblois ont lancé depuis les toits les premières tuiles contre les troupes du Roi, dans une révolte qui n’allait pas tarder à devenir révolution. Chars, marionnettes géantes et centaines de personnes costumées défilent  dans les rues de la ville et sur les voies de tramway transformées pour l’occasion en champs de fleurs de papier.

CUISINE ET DEPENDANCES

« Le plat le plus emblématique de la région, c’est bien sûr le fameux gratin dauphinois, mélange de pommes de terre, de crème, de lait frais cuit lentement pour lui donner son inimitable moelleux. Mais il faut également évoquer les noix de Grenoble, la liqueur de Chartreuse, la pogne, une couronne dorée et rebondie, proche de la brioche et, un peu plus loin, les ravioles de Royan. »

Laissons tout de même à la Drôme ce qui lui appartient, pour nous concentrer sur l’Isère avec, par exemple, la Marcelline, un feuilleté garni de Saint-Marcellin et de poitrine fumé, idéal avec une salade à l’huile de noix, justement ! Roboratifs à  souhait, les crozets sont des sortes de boudins de pomme de terre, œufs, farine, crème et gruyère, parfaits au retour du ski ou de la randonnée. Mais peut-être préférerez-vous la tourte muroise, à base de viande de porc et de veau. Autre recette traditionnelle à base de porc : la fricassée de caïon, viande marinée, saisie et mijotée, alliant le sang de l’animal (que l’on peut remplacer par du foie pour la liaison) avec du vin blanc et du vin rouge (de préférence, des vins de mondeuse).

Plus légers, le poulet aux écrevisses accompagné d’une purée de vitelottes, pommes de terre à la peau et à la chair violettes, ou la truite, si abondante dans les rivières et lacs alpins. Vous aurez alors moins de scrupules à vus laisser tenter par l’un des multiples fromages locaux : Saint-Marcellin, déjà nommé, Bleu du Vercors-Sassenage, brique, tomme de Belledonne, crottin de chèvre aux noix… Enfin, au dessert, pourquoi ne pas se laisser tenter par un gâteau aux noix, de simples cerises ratafia ou une glace à la Chartreuse ?

Car nous revenons pour terminer notre promenade, comme promis, dans la distillerie de Voiron pour goûter, avec modération, la célèbre liqueur élaborée par les moines installés à Saint-Pierre de Chartreuse depuis 1084. Mais ce n’est qu’en 1737 que l’apothicaire de la Grande Chartreuse, Frère Jérôme Maubec, met définitivement au pont son élixir de 130 plantes médicinales, sur les bases d’un manuscrit remis au monastère 182 ans plus tôt. N’abusez pas non plus de la liqueur de génépi, nom générique des plantes aromatiques de haute montagne qui entrent dans sa composition.

L’ISERE EN QUELQUES CHIFFRES

x agences à l’enseigne du réseau L’ADRESSE

38 : le numéro minéralogique

7431 km²

521 communes

41 261 logements vacants

51 567 résidences secondaires

515 572 résidences principales

1 235 000 habitants